IA ET EMPLOI – ANTICIPER LE CHOC DE 2030

Vivatech, qui se déroule cette année du 11 au 14 juin, sera l’occasion de percevoir comment les mutations numériques et notamment l’intelligence artificielle (lA) vont transformer, à grande vitesse, le marché du travail des cadres.

Tout est déjà en train de changer, aussi bien les compétences requises que les pratiques de recrutement.

Il faut s’y préparer.

Malgré l’essor des formations « tech » et autres écoles spécialisées, malgré le ralentissement du marché de l’emploi en 2025, une pénurie de compétences se profile.

Cet avertissement est au cœur du livre « 2030, le travail a changé » que j’ai eu la chance de lire il y a quelques mois (éditions du Cherche-Midi).

Les travaux de l’Institut Montaigne montrent ainsi qu’environ 10 % des emplois numériques ne sont pas pourvus.

Autre chiffre : seuls 25 % des postes en cybersécurité trouvent preneur. Ce « manque » criant d’experts ne fait pas que freiner notre croissance : il menace aussi notre souveraineté industrielle et entraîne des coûts considérables, notamment liés à l’explosion des cyberattaques.

Les compétences, ce sont aussi celles que les cadres en poste doivent acquérir.

Alors que l’IA va automatiser un certain nombre de tâches professionnelles -certains disent 25%, mais à dire vrai, personne ne sait vraiment le prédire -les cadres doivent impérativement se mettre à niveau et apprendre à intégrer avec pertinence ces nouvelles technologies dans leurs pratiques professionnelles.

Celles et ceux qui ne le font pas se mettent malheureusement en danger sur le plan professionnel.

Mais… Bonne nouvelle : depuis début 2025, déjà plus d’un cadre sur trois déclare utiliser régulièrement l’IA – ce qui est deux fois plus qu’il y a un an -et 86 % d’entre eux y voient un véritable levier de productivité.

Au-delà des compétences, l’IA bouleverse aussi l’organisation du travail. Les plateformes numériques redéfinissent -non sans excès -les modèles d’emploi traditionnels, en accentuant la polarisation entre « happy talents » et travailleurs précaires de la Gig Economy.

Enfin, les pratiques de recrutement et de recherche d’emploi sont, elles aussi, de plus en plus impactées. L’Apec a ainsi montré que 67 % des cadres envisagent d’utiliser l’IA pour leur prochaine recherche d’emploi. La relation avec les futures recrues va s’en trouver profondément modifiée, avec de nouveaux risques d’éloignement de « l’authenticité » par la standardisation des productions des intelligences artificielles génératives derrière une apparente « personnalisation » …

Si nous ne voulons pas subir ces mutations, à nous de bien anticiper et de transformer ces évolutions brutales en voies de progrès.

Bon Vivatech à vous tous 🙂

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