Harvard et Procter & Gamble ont mesuré ce que beaucoup pressentent : avec une IA, un professionnel seul atteint le niveau d’un binôme sans IA.
L’étude — un essai randomisé pré-enregistré auprès de 791 professionnels de P&G, sur de vrais sujets d’innovation, publié dans Organization Science — est décryptée par François Candelon dans sa chronique sur le « coéquipier cybernétique ». Trois résultats me marquent.
Un : les individus assistés d’une IA atteignent la performance des équipes de deux personnes sans IA – un effet qualité d’environ 0,37 écart-type par rapport au travail solitaire, pour 16,4 % de temps en moins.
Deux : l’IA fait tomber les silos d’expertise. Les profils techniques proposent des idées commerciales, et inversement. Le savoir circule autrement.
Trois, le plus surprenant : les participants épaulés par l’IA rapportent une meilleure expérience de travail. Le « coéquipier » n’est pas qu’un outil de production.
Ma lecture de DAF de transition est forcément particulière : j’arrive seul, par définition. Et depuis deux ans, je travaille en binôme permanent avec l’IA – analyses, rapprochements, contrôles, documentation.
Ce que cela change vraiment : la frontière de ce qu’une seule personne peut porter s’est déplacée. Ce que cela ne change pas : la responsabilité. L’IA propose ; je vérifie, et je signe.
Car le binôme a une condition : l’expertise humaine. Sans elle, l’IA certifie des erreurs avec un aplomb parfait. C’est devenu mon obsession de terrain : exiger la preuve, jamais la promesse.
Ceux qui suivent mes publications du jeudi savent que je n’en parle pas en théorie. Jeudi, justement, une étape importante.
Un DAF augmenté ne remplace pas une équipe. Il change ce que l’on peut confier à une seule personne – et donc la façon de dimensionner nos organisations.
Vous l’avez mesuré, chez vous ?
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