
Tout est déjà en train de changer, aussi bien les compétences requises que les pratiques de recrutement.
Il faut s’y préparer.
Malgré l’essor des formations « tech » et autres écoles spécialisées, malgré le ralentissement du marché de l’emploi en 2025, une pénurie de compétences se profile.
Cet avertissement est au cœur du livre « 2030, le travail a changé » que j’ai eu la chance de lire il y a quelques mois (éditions du Cherche-Midi).
Les travaux de l’Institut Montaigne montrent ainsi qu’environ 10 % des emplois numériques ne sont pas pourvus.
Autre chiffre : seuls 25 % des postes en cybersécurité trouvent preneur. Ce « manque » criant d’experts ne fait pas que freiner notre croissance : il menace aussi notre souveraineté industrielle et entraîne des coûts considérables, notamment liés à l’explosion des cyberattaques.
Les compétences, ce sont aussi celles que les cadres en poste doivent acquérir.
Alors que l’IA va automatiser un certain nombre de tâches professionnelles -certains disent 25%, mais à dire vrai, personne ne sait vraiment le prédire -les cadres doivent impérativement se mettre à niveau et apprendre à intégrer avec pertinence ces nouvelles technologies dans leurs pratiques professionnelles.
Celles et ceux qui ne le font pas se mettent malheureusement en danger sur le plan professionnel.
Mais… Bonne nouvelle : depuis début 2025, déjà plus d’un cadre sur trois déclare utiliser régulièrement l’IA – ce qui est deux fois plus qu’il y a un an -et 86 % d’entre eux y voient un véritable levier de productivité.
Au-delà des compétences, l’IA bouleverse aussi l’organisation du travail. Les plateformes numériques redéfinissent -non sans excès -les modèles d’emploi traditionnels, en accentuant la polarisation entre « happy talents » et travailleurs précaires de la Gig Economy.
Enfin, les pratiques de recrutement et de recherche d’emploi sont, elles aussi, de plus en plus impactées. L’Apec a ainsi montré que 67 % des cadres envisagent d’utiliser l’IA pour leur prochaine recherche d’emploi. La relation avec les futures recrues va s’en trouver profondément modifiée, avec de nouveaux risques d’éloignement de « l’authenticité » par la standardisation des productions des intelligences artificielles génératives derrière une apparente « personnalisation » …
Si nous ne voulons pas subir ces mutations, à nous de bien anticiper et de transformer ces évolutions brutales en voies de progrès.
Bon Vivatech à vous tous 🙂
